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Une vie toute neuve - Film (2009)

Film de Ounie Lecomte Drame 1 h 32 min 29 octobre 2009

Séoul, 1975. Jin-Hee a 9 ans.
Son père la place dans un orphelinat tenu par des sœurs catholiques. Commencent alors l'épreuve de la séparation et la longue attente d'une nouvelle famille. Au fil des saisons, les départs des enfants adoptés laissent entrevoir une part du rêve, mais brisent aussi les amitiés à peine nées. Jin-Hee résiste, car elle sait que la promesse d'une vie toute neuve la séparera à jamais de ceux qu'elle aime.

Film Une vie toute neuve - Film (2009)
SERVEUR 1

Angus & Julia Stone - Bella. - OST de Grandma.

Une vie toute neuve, premier long métrage autobiographie de la réalisatrice Franco-coréenne explicite son parcours et son expérience traumatique de l'abandon et de l'adoption. L’œuvre serre son personnage au plus près, comprimant dans le cadre de son objectif la talentueuse Kim Sae-Ron qui du haut de ses neuf ans impose par son jeu touchant, juste, par sa petite frimousse kromignonne à faire fondre le cœur du dernier des salopards.

Trêve de billevesées, rentrons dans le vif du sujet. Ounie Lecomte nous conte - humour - le parcours de la petite Jinhee qui est déposée par son père dans un orphelinat aux allures de prison, lieu empreint de cette austérité toute chrétienne. Du déni de l'abandon à la douleur de la trahison, de la solitude volontaire née de la souffrance et de la défiance jusqu'aux amitiés avec les autres pensionnaires d'autant plus déchirantes que la séparation est inéluctable, Ounie Lecomte traite avec une sensibilité rare un sujet délicat sans en gonfler maladroitement le potentiel tire-larmes.

La réalisation sobre accrochera parfois l’œil sur quelques plans d'une beauté mélancolique, fulgurance ténue au détour d'un jardin, à la faveur d'un rayon de soleil. Mais le plus souvent, c'est Jinhee qui bouffe le cadre, la caméra toute entièrement tournée vers elle, filmant uniquement ses traits tirés, ses yeux étincelants de colère et de tristesse mêlées, ces yeux qui voient pour la première fois la duplicité du monde adulte. Ounie Lecomte occulte volontairement la figure paternelle dont on ne voit le visage qu'au moment de l'abandon, visage baissé, honteux.

De figures parentales, on en verra peu. Les bonnes sœurs en retrait, le directeur enfermé dans son bureau ou trop occupé à traiter avec les futurs parents adoptifs malgré sa bonne volonté. Ces parents adoptifs même ne sont que des passagers fugaces, étranges, étrangers, détonnant avec leur anglais incompréhensible pour les fillettes et leurs berlines noires.

Jusqu'à ce final, ces nouveaux adultes que Jinhee ne voit qu'en photo et qui la font venir en France. Jusqu'à ce dos protecteur sur lequel elle s’appuie, dernier souvenir d'un père s'enfonçant dans la nuit.

Un très beau film, que je vous recommande chaudement.