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L'Epée et la rose - Film (2011)

Film de Joao Nicolau Comédie musicale et aventure 20 juillet 2011

Manuel a 31 ans et travaille comme journaliste free-lance. Il habite dans un quartier populaire de Lisbonne, où les maisons – aussi vieilles et décrépies que leurs habitants – sont bien meilleur marché. Son quotidien est solitaire et répétitif, dû aux petits boulots qu'il se voit obligé de faire et dont il s'acquitte sans grande motivation face à l'écran de son ordinateur. Il n'est pas le plus heureux des jeunes hommes mais, malgré tout, n'est pas un sauvage non plus : il a des amis, une petite copine, une femme de ménage et un inspecteur des impôts.
Les objets avec lesquels il remplit chaque jour un vieux coffre rouge, la visite éclair à un laboratoire clandestin et son enthousiasme à recevoir certains messages cybernétiques sont les signes d'un plan en marche. Après avoir trouvé un nouveau maître pour son chat et s'être soumis à un insolite test d'épreuves physiques, c'est sans aucun drame ni émotion qu'il annonce à sa famille son départ pour une durée indéterminée.
N'emportant que le précité coffre, c'est en taxi qu'il se rend jusqu'à une crique au Nord de Lisbonne où il embarque sur le Vera Cruz, une caravelle océanique portugaise du XVe siècle, c'est avec plaisir qu'il se dédie à la vie en mer selon les seules lois valides à bord et qui ne sont autres que celles de la piraterie...

Film L'Epée et la rose - Film (2011)
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C’est un doux calvaire au sens où son vent de liberté est par instant plus fort que l’hermétisme qui l’habite. Parfois, seulement. Trop rarement, plutôt. John from, le dernier film de Joao Nicolau, est tout aussi insolite mais il est plus séduisant, plus cotonneux, plus écrit ce qui ne l’empêche pas d’offrir des espaces et des situations dans lesquels il est possible de se balader, de se disperser. Ici c’est vraiment délicat, on a tellement la sensation d’un film et son scénario en train de se faire, comme le personnage semble évoluer dans un rêve absurde, abstrait, que les enjeux n’existent pas. Impossible de se raccrocher à quoi que ce soit.

C’est une parenthèse qui évoque rapidement Rozier, celui des Naufragés de l’île de la tortue, puisque le film se déroule sur un bateau, mais ça manque d’horizons, de personnages charismatiques ou auxquels on s’identifie, ça manque d’idées stimulantes, aussi, tout simplement. Si l’on touche à la comédie musicale, notamment ici lors de l’irruption d’un inspecteur des impôts chantant et qu’on file vers le récit de piraterie hédoniste en embarquant dans une caravelle, la folie et la beauté du film circulent uniquement par intermittences et en circuit fermé à mon sens. L’épée et la rose, c’est la sensation désagréable de voir un Guiraudie complètement raté ou un Rivette pas inspiré. En permanence.

Et donc forcément, c’est interminable. Ça dure 2h15 mais j’ai l’impression de l’avoir subi dix heures. Et puis on a l’impression que ça pourrait durer une heure de plus, une heure de moins, ce serait pareil. C’est ce manque d’ossature, de structure et de finalité qui rend l’objet aussi abscons qu’arrogant. Ça m’a rappelé la grande souffrance éprouvée devant Ce cher mois d’août, de Miguel Gomes, il y a dix ans. Rien d’étonnant puisque Nicolau était assistant sur certains de ses premiers films. Je sauve quelques plans, quelques cadres et une utilisation musicale parfois étonnante, qui m’ont parfois sorti de l’ennui.