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Un pays qui se tient sage - Documentaire (2020)

Documentaire de David Dufresne 1 h 26 min 30 septembre 2020

Alors que s’accroissent la colère et le mécontentement devant les injustices sociales, de nombreuses manifestations citoyennes sont l’objet d’une répression de plus en plus violente. « Un pays qui se tient sage » invite des citoyens à approfondir, interroger et confronter leurs points de vue sur l’ordre social et la légitimité de l’usage de la violence par l’Etat.

Film Un pays qui se tient sage - Documentaire (2020)
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Posons quelques bases à cette critique:

C'est le film français le plus important de l'année, il annonce déjà les présidentielles et les prochains projets de loi clivants arriver. C'est un film clairement connoté de gauche, ne le critiquez pas sur ça, critiquez le sur le fond, les idées défendues par cette gauche justement Qu'en pense Emmanuel Macron?

Outre ces préliminaires, le film est très intéressant selon moi car il ne met aucune étiquette sur les intervenants et nous laisse construire nous-même notre opinion politique (certes, c'est pas un Cluedo montrant à la fin que le gentil était facho mais bon, l'idée est très pertinente). Les intervenants sont très bien choisis et mettent vraiment en lumière la question complexe et éternelle de la violence, le rapport entre police et démocratie (ou système politique pour englober toute forme de gouvernance). Ce choix d'intervenants est bon car il mélange spécialistes et citoyens (ceux qui n'ont pas de formation intellectuelle spécifique dans une discipline des sciences humaines comme le droit, l'histoire, la politique, la socio ou même la philo!). Cela permet au film de faire respirer les (trop) nombreux concepts développés et laisser place à de l'émotion également, remettre la question de l'individualité de l'homme au centre du débat. Cela évite de catégoriser le documentaire comme faisant appel à l'émotion uniquement ou au contraire comme chiant car trop conceptuel/intellectuel.

Mais que fait-on de la question de la violence policière en France? On la rattache d'abord au mouvement des GJ, l'acteur central du film. On pourrait tout aussi bien parler de l'expression du mécontentement par la manifestation en général tant la violence est devenue centrale (comme pour les retraites par exemple). C'est intéressant de montrer que tout est clairement politique, une orientation, une question d'intérêt, de domination de l'un sur l'autre. Le "normal" n'est normal que pour quelqu'un de construit sociologiquement, et cette question rejoint celle de la politique et de la sécurité avec beaucoup d'intérêt selon moi: panoptique inversé en raison de l'existence du smartphone, analyse de l'agressivité des GJ et des forces de l'ordre (analyse la plus brillante selon moi, montrant qu'un GJ n'est violent qu'à partir du moment où la vie du policier n'est plus en danger contrairement aux forces de l'ordre qui agissent gravement sur des cas isolés et cessent de violenter lorsque foule se crée) etc..

Mais ce documentaire reste important selon moi car il contrebalance les cartes de la politique internationale concernant la France: et si on comparait notre usage de la force à la Russie ou la Chine? Et si le pays des droits de l'homme devenait une mauvaise démocratie? Rapports de l'ONU, discours politique biaisé par les intérêts personnels et libéraux... bref, le film sera récupéré en politique par la gauche ÉVIDEMMENT. N'en faites pas un fromage, cette question de la violence occupe la pensée de philosophes (et autres) depuis des siècles et c'est un point critiqué par la gauche depuis des siècles. Si vous voulez critiquer la gauche, critiquez la sur le fond. La bibliographie du film est très/trop qualitative. Tellement qu'elle fait perdre une étoile au film.

Il ne reste plus qu'une chose à faire: élever le film dans le top1 du box office, ne parler que de ça dans les médias et conscientiser le plus grand nombre, ce que les GJ, ces véritables citoyens, se sont approprié au plus grand malheur des dominants. Citoyens de Navarre, embrassez la cause des GJ, appropriez-vous les moyens employés par les dominants: droit, loi, philosophie, médias, langage technocrate pour noyer l'adversaire, rhétorique. Vous n'êtes pas plus bêtes qu'eux, ils essaient de vous le faire croire. Tout est questionnable, même l'usage de la violence. On pourra ensuite parler de révolution.

Terminons sur une touche merveilleuse, l'article 35 de la DDHC de 1793:

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus saint et le plus indispensable des devoirs »