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The King of Staten Island - Film (2020)

Film de Judd Apatow Comédie et drame 2 h 17 min 22 juillet 2020

Il semblerait que le développement de Scott ait largement été freiné depuis le décès de son père pompier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entretient le doux rêve d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune soeur Claire, sociable et bonne élève, part étudier à l’université, Scott vit toujours au crochet de sa mère infirmière, Margie, et passe le plus clair de son temps à fumer de l’herbe, à traîner avec ses potes Oscar, Igor et Richie et à coucher en cachette avec son amie d’enfance Kelsey. Mais quand, après 17 ans de veuvage, sa mère commence à fréquenter Ray, lui aussi pompier, Scott va voir sa vie chamboulée et ses angoisses exacerbées. L’adolescent attardé qu’il est resté va enfin devoir faire face à ses responsabilités et au deuil de son père.

Film The King of Staten Island - Film (2020)
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Judd Apatow a incarné la relève de la comédie américaine il y a quinze ans avec des films tels que « 40 ans toujours puceau » ou « En cloque, mode d’emploi » qu’il a réalisé ou d’autres qu’il a produit comme « Délire express » ou « 7 ans de réflexion ». Toutes des œuvres qui ont eu un peu plus de mal à percer en France mais qui méritent l’attention par leur ton tantôt grivois et parfois lourd, tantôt mélancolique et doux-amer. Depuis quelques années, Apatow ne rencontre plus autant de succès et le voilà qui revient avec un film à priori plus personnel alors qu’il est davantage autobiographique pour son acteur principal, Pete Davidson, que pour le metteur en scène lui-même. Avec « The King of Staten Island » il réalise là peut-être son meilleur film, le plus apaisé et peut-être celui de la maturité artistique. Un cinéma qui tire plus vers l’indépendant et qui lui va à ravir pour un film qu’on sait que l’on va apprécier dès les premières séquences.

Comme à son habitude, le cinéaste prend son temps et a du mal à couper au montage. Une comédie qui dure plus de deux heures et quinze minutes c’est peu commun. Et il est vrai qu’on pourrait tiquer et trouver le long-métrage bien trop long. Mais hormis quelques scènes dispensables (mais pas désagréables), cela permet de vraiment se plonger dans l’histoire de ce vieil adolescent (ou jeune adulte c’est selon) et son refus de grandir. Un récit d’apprentissage touchant dont l’apparente lenteur et langueur nous emporte et qui fait que l’on s’attache vraiment à ce personnage et tous ceux qui l’entourent. On est davantage face à une chronique de passage à l’âge adulte qu’une véritable comédie, c’est vraiment le portrait de Davidson ou de son alter ego de cinéma qu’il nous est donné de voir. Cet acteur inconnu ici, issu du stand-up, a un sacré charisme et s’avère la grosse révélation du film. Tantôt agaçant, attachant, drôle ou encore épuisant, il est de tous les plans et récolte tous nos suffrages. Grâce à lui, même si on rit peu dans « The King of Staten Island », on a toujours le sourire vissé aux lèvres. Et tous les acteurs, seconds et troisième rôles compris, sont savoureux. Ils forment un casting général en tous points parfait. Les personnages sont croustillants mais jamais exagérés ce qui donne lieu à pas mal de séquences mémorables aux dialogues affûtés. Et tout sonne juste et vrai dans ce film, des répliques aux situations en passant par les personnages, tous profondément attachants et joués par une bande d’acteurs peu connus mais impeccables et épatants de naturel.

Il y a toutefois pas mal de petites pointes d’émotion parsemées tout le long du film. Et le dernier quart d’heure en contient de sacrées. Et lorsqu’apparaît le générique de fin et que l’on découvre que cette histoire est en partie autobiographique pour son personnage et acteur principal, tout le film prend un sens encore plus fort. Un personnage principal à qui cette œuvre doit beaucoup, pour ainsi dire tout, vu comment gravitent tout le scénario autour de lui. A noter que le contexte de Staten Island est rare et donne un charme particulier au très justement intitulé « The King of Staten Island ». Une œuvre souvent bavarde, parfois inutilement, mais c’est dans ce flot de dialogues ininterrompu qu’on perce à jour les personnages et leurs fêlures. Cela leur donne une psychologie et une consistance bien plus fouillée que la moyenne des comédies américaines. Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce film mais c’est parfois l’ordinaire qui se révèle attachant et la somme de petits riens qui constitue ce long-métrage accouche d’un beau film, ni plus ni moins. Un film original durant lequel on ne s’ennuie jamais et dans lequel on voudrait s’immiscer tellement on aime ceux qui le peuplent. Et ce genre de ressenti n’arrive pas si souvent et c’est une bien jolie surprise.

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