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The Aquatic Adventure of the Last Human (2016) - Jeu vidéo

Jeu vidéo de YCJY et Digerati Distribution Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One et 3 autres Aventure et action 19 janvier 2016

Explorez les ruines de l’humanité dans ce jeu d’action aventure sous-marin. Découvrez une faune florissante, des créatures monstrueuses et laissez la curiosité vous guider dans un voyage vers une extinction inévitable.

Film The Aquatic Adventure of the Last Human (2016)  - Jeu vidéo
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Lorsqu'un jeu que l'on a crowdfundé sort, je pense qu'il y a peu ou prou deux types de réactions possible. Soit le jeu est médiocre/pas à la hauteur/mauvais, et on est alors dépité/dégoûté/choqué et déçu/plus-jamais-je-kickstarte-un-jeu, soit le jeu est bon/très bon/à la hauteur/surprenant et on est alors content/ravi d'avoir participé à sa création, ne serait-ce que par un simple apport monétaire. The Aquatic Adventure of the Last Human est le dernier jeu en date que j'ai Kickstarté, mais il fut le premier à sortir. Et il se situe pour moi clairement dans la seconde catégorie.

Pourtant, il s'agissait probablement là de mon investissement crowdfunding le plus risqué à ce jour : réalisé par deux développeurs Suédois dans la cuisine de la mère de l'un d'entre eux, tous juste sortis de l'Université où ils se sont rencontrés, ils demandent une somme qui semble ridicule au vu des ambitions du projet (52K SEK ~ 5.6K€) pour une sortie en Juin 2015 alors qu'on est en Mai de la même année. Et pourtant, leur campagne a tout ce qu'il y a de plus professionnel, et donne envie de croire à leur projet. On est loin des campagnes indé de garage qui ont valu à Jay Tholen deux Kickstarter ratés avant de pouvoir financer son Dropsy. Le jeu a en effet l'air d'être déjà bien avancé : le game design, le gameplay et les zones de jeu sont définis, ainsi que les différents parties prenantes (dev, graphiste, musicien). En sus, une démo est disponible. La campagne est un tantinet difficile mais, finalement, le jeu sera financé à hauteur de 62SEK ~ 6.6K€. Une somme définitivement faiblarde par rapport aux jeux indé usuellement financés sur la plateforme.

Au-delà des points encourageants suscités, c'est évidemment le projet lui-même qui m'a accroché : le jeu se présente comme un metroidvania sous-marin, où le dernier des hommes va errer dans un post-apo aquatique peuplé d'une faune et d'une flore tout ce qu'il y a de plus magique. De nombreux Boss jalonneront la progression du joueur. Des Boss tantôt agressifs, tantôt pacifiques, mais qui ne sont là que pour satisfaire la chaîne alimentaire ou bien pour défendre leur territoire. Déjà la presse (disons plutôt les rares journalistes à mentionner le jeu) parlent de "Shadow of the Colossus of the Sea". Bref, un metroidvania aquatique en 2D Pixel Art avec un écosystème qui s'annonce incroyable se pointe sur Kickstarter et demande de l'argent ? Je ne pouvais pas décemment passer à côté.

Le 19 janvier 2016, moins d'un an après la campagne, le jeu sort et je pose enfin les mains dessus. Et après six heures à vivre mon aventure aquatique le bilan est - vous l'aurez deviné à la note - plus que positif.

L'univers du jeu a pour commencer clairement outrepassé mes attentes. Le pixel art donne une direction artistique très chouette à défaut d'être exceptionnelle, et les décors regorgent de vie. La faune est incroyable, de même que la flore, et les deux se côtoient à la perfection, formant différents biomes d'une acuité rarement égalée dans un jeu vidéo. Le jeu se découpe ainsi en différentes zones, qu'on peut explorer dans un ordre non linéaire (bien que certaines soient bloquées avant l'obtention de certaines facultés, metroidvania oblige), chacune correspondant plus ou moins à un biome spécifique.

Au-delà de cet écosystème fabuleux, on se rend bien vite compte qu'on fouille ici les décombres d'une civilisation humaine qui, complètement dépassée par un réchauffement climatique qu'elle n'a jamais maîtrisé, s'est résolue à vivre sous l'eau. Sauf que, de toute évidence, les choses ne se sont pas aussi bien passées que prévu, puisque tout le monde est mort. On découvrira ainsi quelques bribes de l'histoire du monde via des "holo-tape" disséminées un peu partout, ou encore via des panneaux publicitaires.

Mais The Aquatic Adventure of the Last Human est loin d'être une simple balade, bien au contraire. Si l'exploration est présente, c'est tant et surtout les Boss qui ralentiront votre progression. Ceux-ci réussissent complètement leur rôle : massifs, impériaux, ils font figure de divinités oubliées ayant pris possession d'un monde où ils règnent désormais en maîtres pacifiques. Du moins jusqu'à ce qu'on les déloge.

Ces Boss sont tantôt, à la manière d'un Souls - ou d'un SotC justement - à aborder en tant que puzzle, tantôt en tant que Boss classique. Il faudra donc parfois apprendre les patterns des ennemis par cœur afin de pouvoir les vaincre, et d'autres fois réfléchir à comment faire pour les atteindre. Et si l'exploration ne recèle pas d'autre challenge que celui lié à l'orientation (il n'y a pas d'autres ennemis que les Boss), les Boss en recèlent une sacrée couche. Le début du jeu est à ce titre un peu douloureux, tout comme la fin, dotée qu'elle est de Boss assez insane dont seule une patience et une technique parfaite viendront à bout. C'est d'ailleurs peut-être un des seuls vrais défauts que je trouve au jeu : le Boss de fin est un de ceux que j'aime le moins (même s'il fait sens au sein de l'univers), et il est probablement un peu trop difficile à vaincre.

Un mot sur la musique. Composée par Karl Flodin, Suédois également, elle accompagne merveilleusement bien l'univers. On ne va pas se mentir, ce n'est pas la meilleure OST de tous les temps, mais vu la petitesse de l'équipe de base, il était presque inespéré d'avoir une BO de cette qualité. Je prends plaisir à l'écouter hors jeu, et certains thèmes sont vraiment très réussis. Le périple sous-marin n'aurait clairement pas été le même sans cette OST.

Au final, The Aquatic Adventure of the Last Human remplit peu ou prou tous les objectifs qu'il s'était fixé. Il propose une aventure unique, que tous les amoureux d'univers, d'ambiance, de fonds sous-marins et d'écosystèmes sauront apprécié à sa juste valeur. Pour XCJY, le pari est relevé. Et tout ceci avec un budget total de 6K€. De là à l'élever en exemple de crowdfunding réussi, il ne reste qu'un pas que je vous laisserai franchir, lorsque vous aurez vous aussi exploré les profondeurs de notre civilisation déchue, et vécu la quête du dernier homme.