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The Witch and the Hundred Knight 2 (2018) - Jeu vidéo

Jeu vidéo de Nippon Ichi Software PlayStation 4 et PS Vita Jeu de rôle 3 avril 2018

Film The Witch and the Hundred Knight 2 (2018)  - Jeu vidéo
SERVEUR 1

En 2014, Nippon Ichi Software publiait The Witch and the Hundred Knight, un beat'em up riche de leur humour particulier et de leurs personnages mémorables, dont l'exceptionnelle Metallica, mais pauvre en game design du genre ; sans surprise, une bonne histoire ne compensant que rarement un mauvais jeu, la critique ne fut pas plus généreuse que les joueurs, et toute idée de franchise semblait oubliée.

Toutefois, NIS est un studio qui aime prendre des risques ; un second volet sortira en 2018 en toute discrétion, avec la lourde tâche de racheter les fautes de sa grande sœur auprès du public. Objectif louable s'il en est, il fait face à deux soucis majeurs : le premier jeu se suffisait à lui-même, et le chara design suffirait à repousser bien des joueurs. De ce fait, bien peu sauront combien la formule s'est améliorée avec le temps.

Avant toute chose, il n'est pas nécessaire d'avoir joué au premier jeu pour apprécier le second. Ce dernier se déroule dans un nouveau monde, sans référence directe ni clin d’œil incompréhensible, et le gameplay reprend lui aussi la formule à zéro.

Dans le monde de Kevala, il existe un mal endémique aux petites filles, la maladie de la sorcière. Bénigne au premier stade, elle se conclut toutefois par la transformation de l'hôte en sorcière, une puissante créature magique dénuée de toute notion du bien et du mal. Pour endiguer ce fléau, les gens comptent sur le Weiss Ritter, une organisation de docteurs-soldats. Le jeu relate les aventures d'Amalie, qui souhaite gravir les échelons du WR afin de soigner sa jeune sœur Milm, atteinte de la maladie de la sorcière. Cependant, Amalie va enchaîner mensonges et trahisons afin de leur cacher la terrible vérité : suite à une opération qui a mal tourné, sa sœur partage son corps avec l'esprit de la plus redoutable sorcière du monde, la cruelle Chelka...

L'argument majeur du jeu, contre toute attente, est son gameplay. Sur base du premier jeu, il réinvente la roue pour proposer un beat'em up pas très complexe mais assez complet, avec nombre de mécaniques pour inviter le joueur à chercher les nuances, et l'en récompenser.

Le gameplay comporte toujours les mêmes trois éléments (taille, frappe et magie) et cinq classes d'armes (épée, épieu, marteau, lance et sceptre) ; néanmoins, plusieurs ajouts sont au programme, notamment les skills. Chaque Facette a les siens, il y a bien sûr les classiques comme la taille circulaire, l'onde de choc ou l'étoile glacée, mais aussi d'autres plus techniques tels une bombe à retardement, un puits de pics ou une chute de foudre, plus quelques buffs. A vous de choisir ceux qui vous correspondent pour couvrir les faiblesses du bestiaire tout en variant les plaisirs.

Quand vous lancez une action ou que vous prenez des coups, votre personnage puise dans ses GCals, sa "batterie", pour se requinquer. Pour la remplir, il vous faut placer un combo de cinq coups, puis enclencher un Depletura. Si cette attaque aurait tué le monstre visé, vous récupérez des AP et des GCals. La gestion de ces points est à la fois la plus grande "jouissance cruelle" du jeu, mais aussi la plus grande source de stress, car les zones sont très grandes, surpeuplées d'ennemis, et la moindre erreur peut se payer très cher.

Les ennemis du jeu, à ce sujet, se déclinent en trois catégories :

La piétaille, celle qui sert surtout à récupérer des AP et des GCals, tels les champignons et parasites, Les moyens, plus délicats que la piétaille mais toujours peu dangereux, comme les fleurs ou les hommes-poissons, Les gros, qui infligent de sacrés dégâts et donnent beaucoup d'expérience et de GCals, comme les golems ou les succubes, Enfin, chaque ennemi peut être Notorious, entouré d'une aura de couleur, qui le rend plus dur et plus profitable à battre que la normale.

Pour tirer le meilleur de ces combats, la PS4 peut afficher 18 ennemis simultanément sans ramer. Si le jeu est le plus défoulant face aux hordes de piétaille, écrasées à coups de marteau géant ou de sort explosif, c'est face aux gros monstres Notorious qu'il est le plus exigeant. Même avec les meilleures armures, le moindre coup ne pardonne pas. Si vous maîtrisez vos coups, vos esquives et leur pattern, vous serez récompensé d'une grande expérience et d'objets rares ; sinon, c'est la mort, pas trop punitive mais bien rageante, qui vous attend. Les boss du jeu sont quant à eux très inégaux, certains ont des patterns proprement dégueulasses, d'autres sont très plaisants à affronter.

Mais bien entendu, dans un J-RPG en général, et à plus forte raison dans un jeu NIS, la maîtrise ne suffit pas, il faut compter sur des stats élevées. Ici, cela signifie certes le niveau du personnage, mais aussi celui des armes équipées. Contrairement au premier jeu, elles ne gagnent pas d'expérience au combat, vous devez les infuser avec divers objets ou armes ramassés sur le terrain. Si le spectre du farming vous effraie, rassurez-vous, on est loin d'un Disgaea, ce n'est pas une heure sur deux à glaner des ressources, et quant bien même, le jeu est assez défoulant pour que ça soit acceptable.

Nonobstant, le jeu écope quand même d'une répétitivité avérée, la faute à des skills trop peu nombreux, un bestiaire pas assez varié au sein d'une zone et un level design aléatoire "Item World" qui manque cruellement d'identité ; la soupe ne sera pas meilleure avec la réalisation graphique pas fameuse, ni la bande-son de compos resucées ou refusées du premier jeu. Pour surpasser cela, il reste le scénario et les personnages, certes moins bons que ceux du premier, mais quand même sympathiques, avec un certain rythme et des références mythologiques bien amenées ; attention toutefois à quelques dérapages vers la fin du jeu, qui ne sont rattrapés que sur le chemin menant à la "dernière" fin, celle qui justifie l'entièreté de l'expérience.

Hundred Knight 2, c'est tout à fait la bonne surprise que je ne voyais pas venir, et le genre de "rédemption" que j'aimerais voir plus souvent. C'est une formule qui a clairement identifié ses plus grosses faiblesses et qui a préféré les corriger plutôt que les brandir comme son identité. C'est un gameplay qui m'a fait aimer chacun des 53h que je lui ai consacrées, y compris ses boss optionnels bien sadiques. C'est un scénario non-recyclé qui a su me maintenir intrigué malgré ses errances, et c'est un jeu que je vous recommande chaudement... quand il sera en promotion. Car son prix de base, 40€, c'est bien cher payé quand même...