oxtorrent
Accueil » Jeux » Tales of Vesperia : Definitive Edition (2019) - Jeu vidéo

Tales of Vesperia : Definitive Edition (2019) - Jeu vidéo

Jeu vidéo de Namco Tales Studio et Bandai Namco Games Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One et PC Jeu de rôle 11 janvier 2019

Version remasterisée de Tales of Vesperia, offrant une meilleure résolution, le contenu exclusif à la version PS3 japonaise, le choix des voix japonais ou anglais ainsi que des costumes et autres ajouts.

Film Tales of Vesperia : Definitive Edition (2019)  - Jeu vidéo
SERVEUR 1

La période actuelle de confinement est le moment idéal pour jouer aux RPG, et plus particulièrement aux JRPG, les jeux de rôles venant du Japon et qui sont bien différents sur bien des points des RPG occidentaux. La thématique du voyage est très souvent reprise dans ce style de jeu, et très récemment, j’ai pu expérimenter via mon achat d’une switch lite « Xenoblade chronicles 2 », un véritable renouveau du JRPG comme je ne l’attendais plus.

Le JRPG est généralement très chronophage, ce n’est pas le genre de jeu qui se termine en une après-midi, c’est un jeu qui demande de l’investissement et du temps pour s’accrocher à l’histoire et aux personnages, et monter en puissance via un système de niveaux. Il arrive parfois que certains JRPG ne vaillent pas le coup, ou que l’on ne puisse aller au bout. The last remnant remastered est un JRPG sur lequel j’ai passé 60h de jeu et que j’ai abandonné à la toute fin parce que... C’était trop difficile. J’ai abandonné Final fantasy 13 pour les mêmes raisons. Il arrive aussi parfois qu’un jeu, aussi bon soit il, soit trop long. C’est le cas de Persona 5. C’est un très bon JRPG, mais il est trop long, je lui préfère largement le 4 eme épisode. Xenoverse chronicles 2 est un jeu que j’ai fini en 96 heures, mais il était suffisamment ouvert et passionnant pour que je puisse m’investir dedans pendant près de 3 mois.

Tout ça pour dire que décidément, le JRPG, ça passe ou ça casse. Le jeu dont nous allons parler aujourd’hui est parti d’un expérience personnelle assez défavorable. Je n’aimais pas vraiment la série des Tales of. Je suis à la base un fan des combats au tour par tour et donc j’aime beaucoup la série des final fantasy, et spécialement 3 épisodes que je classe aisément dans mes jeux favoris de tous les temps. Tales of est différent. Tales of se démarque par un style graphique beaucoup plus animé et manga, et par des combats en temps réel avec un soupçon de tour par tour ( action figée).

Le premier jeu Tales of que j’ai fait est le tristement célèbre Tales of heart R, sur playstation vita, l’un des plus mauvais de la saga. Je suis bizarrement allé au bout de l’aventure, mais il était pas très bon ni mémorable. J’ai essayé Tales of Berseria, un épisode « moderne » sur PS4 et je n’ai pas accroché. Reste alors « Tales of Vesperia: Définitive édition », le remake de l’épisode sacro-saint de la série ( sorti en 2008 sur Xbox 360) sur lequel j’ai jeté mon dévolu lors des soldes nitendo.

Alors que donne ce jeu ?

Un début poussif

Dans les JRPG, le plus important c’est de poser les bases de l’univers. Cependant cela s’opère parfois au détriment du confort du joueur. Ainsi il n’est pas rare de voir une introduction « in medias res » de l’aventure comme c’est le cas dans final fantasy 7. On commence le jeu directement dans l’action, par un combat. Ce n’est pas le cas de Tales of Vesperia.

On commence par la classique vidéo en animé d’ouverture, qui présente le monde de Terca Lumineis, un monde qui s’appuie sur une technologie « Blastia » pour exploiter la magie « aer ». La magie est notamment utilisée pour protéger les villes des attaques des monstres avec des barrières. L’histoire commence de manière assez banale, et peu intéressante. Je m’explique. On incarne Yuri Lowell, un jeune marginal de la ville impériale de Zaphias. Il vit dans les bas fonds de la ville, il déteste les nobles de l’empire et de manière général l’ordre établi. Si mes souvenirs sont bons, c’est un déserteur de l’armée impériale, c’est donc un ex-soldat ce qui justifiera le fait qu’il soit doué au corps-à-corps.

Yuri est accompagné de Repede, un chien défiguré qui lui sert de compagnon de fortune ( et accessoirement c’est un personnage jouable). Lorsque un vol de blastia est commis dans les bas-fonds, Yuri se jure de ramener le coupable devant la justice, ou plutôt devant sa justice à lui. En cours de chemin, et suite à des quiproquos, il va se retrouver recherché par l’armée impériale, être traqué par une secte d’assassins et se retrouver malgré lui protecteur d’une héritière impériale, Estellise, une prétendante que son ancien meilleur ami Flynn Scifio était censé protégé ( Flynn est un chevalier impérial).

Et nous voici donc parti pour un road-trip sur lesquels en chemin, des personnages vont progressivement rejoindre le groupe. Karol, un jeune mercenaire trouillard, Rita une jeune mage prétentieuse et colérique, Raven un type louche ou encore Patty, une petite fille qui se comporte comme une « pirate ». Le grand souci de Tales of Vesperia, c’est que l’aventure décolle réellement à la fin de la première partie, soit au bout d’une dizaine d’heure de jeu.

Lorsque le personnage de Judith, une sorte de femme fatale elfique est introduit dans le jeu, l’aventure va réellement prendre du sens. Une alchimie entre les personnages va commencer à se créer, on va comprendre les enjeux politiques de Terca Lumineis et le gameplay va suivre derrière. La deuxième partie de jeu introduit également la liberté de « mouvement » sur la map, avec un bateau. Le jeu devient enfin captivant.

Une écriture au top

Tales of Vesperia est une petite claque en terme d’écriture. Si le scénario s’avère correct et intéressant, l’écriture des personnages est au top. Et ceux malgré les apparences. Chaque personnage ( mis à part Repede) va être véritablement développé avec parfois une thématique adulte et mature qui ressort derrière.

Yuri Lowell est un très bon main character de JRPG. On retrouve le coté solitaire et bourrin d’un Cloud Strife ou d’un Squall Leonheart, sans pour autant enlever son coté fun. Ce personnage est un justicier dans l’âme qui ne va pas hésiter à se salir les mains pour mener à bien ces convictions. A l’opposé de son meilleur ami Flynn, qui lui est un personnage beaucoup plus manichéen, et qui veut changer le système en suivant les règles de l’empire. Cela va donner entre les deux une certaine rivalité assez intéressante à suivre.

Estellise est le personnage féminin principal. C’est une noble cultivée mais qui n’a jamais parcouru le monde, et ce voyage va lui permettre de réussir à prendre sa vie en main, sans trop spoiler.

Rita est un personnage assez colérique, assez solitaire qui va s’ouvrir au fur et à mesure du voyage.

Karol, qui au début me paraissait insupportable, est au final un gamin qui essaie tant bien que mal de s’affirmer de prendre confiance en lui.

Raven, c’est le comic relief de la bande et en même temps, bien plus.

Judith, c’est une femme fatale, qui exprime ses émotions de manière assez particulière et qui a un secret.

Enfin Patty, le personnage bonus rajouté dans cette édition, est réellement une bonne surprise, tant sur l’aspect scénario que sur son gameplay. C’est un personnage à la fois ultra fun et tragique.

Mais cela ne s’arrête pas aux personnages principaux. Les personnages secondaires et les antagonistes sont bien écrits. Prenons un exemple: le personnage de Sodia est le personnage que j’ai préféré dans l’ensemble de l’aventure. C’est une chevalière qui accompagne Flynn, et qui nourrit des sentiments amoureux à son égard. Elle déteste Yuri car il représente l’anarchie, et ça va donner lieu à des rebondissements intéressants. Et inattendus.

Les méchants, mis à part quelques uns qui servent à faire évoluer Yuri, et donc sont les stéréotypes du « je suis méchant parce que je suis méchant », sont dans leur majorité, bien écrits. Je dirais même qu’ils souffrent du syndrome Kylo ren. Dans le bon sens du terme.

Ainsi quand je pense à la plupart des vilains que l’on va rencontrer dans la deuxième partie du jeu notamment, je constate qu’ils n’incarnent pas complètement le mal absolu. Certains sont fous, d’autres clivants, d’autres encore font échos à Yuri , des idéalistes déchus qui décident d’endosser la peau du méchant pour changer les choses.

Parce que globalement le jeu va traiter du changement et des impacts des humains sur l’écosystème. Et de la volonté de vivre, en assumant ses choix, bons ou mauvais, car le jeu insiste de nombreuses fois, à la manière de star wars 8, sur l’absurdité du concept entre le bien et le mal. Yuri Lowell, est le parfait exemple du personnage chaotic good , un personnage plutôt aligné dans le bien, tout en en ayant des agissements criminels.

Et dernière chose sur l’écriture. Si vous aimez les rebondissements, vous allez en avoir pour votre argent. J’ai vraiment été surpris, même si je regrette cette fin spectaculaire de la deuxième partie qui est vite balayée au début de la troisième partie, assurément la partie la plus expéditive.

Le gameplay, l’OST et les graphismes

Tales of Vesperia m’a fait adhéré à son système de combat que j’ai plutôt rejeté dans les épisodes précédents. C’est simple, chaque personnage à un style de jeu, Yuri et Flynn sont des tank, Karol est un soutien, Estellise une sorte de paladin blanc, Judith utilise du combat aérien, Raven du combat à distance, Repede est rapide, Rita est une magicienne et Patty un personnage aléatoire ultra équilibré, qui fait qu’elle est toute les classes à la fois. Les combats se déroulent à l’aide d’Arte, des attaques magiques ( qui consomment donc des PM) qui permettent de faire plus de dégâts. L’apprentissage des Arte se fait comme dans FF 9 via l’équipement que l’on porte. Son arme et sa sous-arme. Ensuite on attribue les capacités que l’on veut donner au personnage dans le menu dédié. Certaines augmentent l’attaque, la magie...

Le jeu va vous inciter à faire des combos, et à infliger des lésions fatales à l’ennemi. En gros, si l’ennemi est blessé, un logo s’affiche sur lui, il faut appuyer très vite sur un bouton pour l’achever. On peut utiliser des artes explosifs ( via une jauge de limite) et sur la fin du jeu, des artes magiques, des sortes de limit break à la Tales of. Le jeu est très dynamique, on peut bouger, sauter, parer et figer le temps via un menu qui nous donne la possibilité de fuir, prendre des objets, changer d’équipement, de stragégie ect...

La dimension tactique dans le jeu est présente mais c’est à mon sens pas au niveau d’un final fantasy. Néanmoins, on vraiment dans un système de combat rapide où il faut faire des combos, et donc ça casse le rythme habituel d’un JRPG au tour par tour et c’est cool.

Les graphismes sont en cell-shading, et ça rend super bien sur switch lite. Bien sûr pour une meilleur expérience de jeu, PS4 ou XBOX ONE, mais vous perdrez le coté portable.

Parlons enfin des musiques. Si elles ne sont pas selon moi, à la hauteur d’un Nobuo Uematsu, compositeur de génie de la série Final Fantasy, qui pour moi à rendu sa meilleure copie sur l’épisode X, les compositions de Vesperia ( Motoi Sakuraba) restent très sympathiques. Le jeu n’excelle pas dans les thèmes de combat, ni dans les thèmes de boss, mais il fait un bon travail dans les musiques d’ambiance dans les lieux visités ( Donjons ou villes) ou dans les scènes dramatiques.

Conclusion

A mon grand étonnement, Tales of Vesperia s’est révélé être un bon investissement de ma part. Sa réputation le précède. Il est souvent cité comme référence de la série Tales of, et c’est vrai. C’est le premier Tales of qui a été développé pour consoles de 7 eme génération, et un soin tout particulier à l’esthétique a été apporté. Alors certes, oui ça cache les limitations techniques du soft, mais c’est très appréciable visuellement.

Le système de combat met un certain temps à se mettre en place, c’est probablement pas le meilleur que j’ai pu expérimenter dans un JRPG, mais il est quand même vachement rafraîchissant pour quelqu’un comme moi qui généralement préfère le tour par tour.

Et d’une manière générale, c’est l’aventure de 57 heures que j’ai passé dessus qui m’a vraiment parlé. Je m’attendais à quelque chose d’enfantin et de pas mature, et au final j’ai eu un jeu très adressé aux adultes. Le jeu possède pas mal de petites saynètes comiques entre les personnages qui parfois peuvent comporter des connotations grivoises et c’est cool de voir que les développeurs s’adressent autant à de jeunes adolescents que à des adultes. J’ai apprécié ce casting de personnages principaux, y en a aucun à jeter.

L’histoire prend vraiment des directions assez osées pour un JRPG, même si je regrette qu’on aille pas plus loin parfois. Le jeu est surprenant, le jeu est marrant, et parfois le jeu est aussi sérieux. Bref, Vesperia à mon sens est une pépite que je découvre 12 ans après sa sortie en France, et c’est probablement un des JRPG les plus marquants de la première décennie passée. Je vais même aller plus loin, le jeu enterre complètement certains JRPG que j’ai pu faire par le passé, comme Final Fantasy 15.

Donc oui, Tales of Vesperia: définitive edition est possiblement le jeu qui rendra votre confinement plus confortable, en plus d’enrichir votre expérience de joueur. A faire pour une vingtaine d’euros assurément.

Récapitulatif

Pts positifs

Écriture de qualité Graphismes visuellement agréables Développement de personnages Thématiques matures Fun et sérieux à la fois Bonne durée de vie Bonne OST Des rebondissements

Pts négatifs

Début du jeu poussif Repede, le personnage assez peu développé dans l’aventure principale Manque d’une cinématique post-générique Les quêtes secondaires sont mal indiquées Certains donjons un peu moins réussis que d’autres jeux Les bonus de l’édition définitive, ça simplifie la vie mais ça peut saper le coté JRPG ( Argent bonus, niveau bonus...) Flynn est pas vraiment un personnage bonus, car il est intégré trop rarement au groupe