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A Plague Tale : Innocence (2019) - Jeu vidéo

Jeu vidéo de Asobo Studio et Focus Home Interactive PC, PlayStation 4 et Xbox One Action-Aventure et infiltration 14 mai 2019

1349. La peste ravage la France. A travers les champs de bataille et les villages dévastés par la maladie, Amicia et son petit frère Hugo sont poursuivis par l'Inquisition. Repoussant les rats grâce au feu et à la lumière, ils devront apprendre à compter l'un sur l'autre pour survivre dans ce monde.

Film A Plague Tale : Innocence (2019)  - Jeu vidéo
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A Plague Tale : Innocence est un jeu d’aventure/infiltration créé par les bordelais de chez Asobo. C’est un jeu qui vous plaira sans doute si vous aimez que l’atmosphère et l’immersion soient mis en avant, mais si vous êtes surtout de l’école gameplay, vous risquez de grincer des dents. Explication :

Bienvenue en Gironde en 1348

Dans A Plague Tale : Innocence (PTI), vous suivez Amicia et Hugo, jeunes nobles âgés de 15 et 5 ans qui vont devoir échapper aux rats et à l’inquisition dans la Gironde de 1348, pendant la grande épidémie de Peste Noire et, accessoirement, en plein milieu de la Guerre de Cent Ans. Un contexte quelque peu houleux de notre belle histoire, en somme. Forcément, avec un terreau pareil, il y a de quoi imaginer des histoires passionnantes !

Sachez avant tout que PTI est aussi sombre que son contexte historique le laisse présager. Le jeu n’épargnera pas votre sensibilité, et ce dès les premières minutes qui donnent le ton au reste de l’aventure. Et il se trouve qu’Asobo a mis le paquet sur l’ambiance. C’est sombre, les nuées de rats font leur petit effet et les paysages ravagés par la peste et la guerre dégagent une atmosphère particulièrement réussie. En fait, toute la partie graphique est un vrai régal. Les personnages comme les décors sont d’une beauté époustouflante. Les animations faciales sont en-dessous, mais c’est toujours la partie qui a tendance à pêcher chez les équipes réduites. Asobo ne s’est pas lancé dans un jeu trop gros pour eux, ce qui est une bonne chose. En effet, les environnements sont cloisonnés et il n’y a pas de cycle jour/nuit, ce qui permet aux artistes de soigner la partie graphique en créant des panoramas et des jeux de lumière de toute beauté.

Puisque je mentionne l’ambiance, je ne peux pas oublier la partie sonore et musicale qui est l’une des plus grandes réussites du jeu. Les musiques d’Olivier de Rivière sont parfaitement adaptées au jeu et subliment chaque moment passé en compagnie de nos héros. Le violoncelle d’Eric-Maria Couturier fait des miracles et nous immerge instantanément dans le jeu, que ce soit lors de course-poursuites ou dans des moments plus calmes. De même le bruit des rats et la musique qui les accompagne rehausse encore la terreur qu’ils génèrent. Concernant les doublages français, c’est du très bon boulot également.

Mais une ambiance soignée n’est rien sans des personnages qui le sont tout autant. Et encore une fois, on peut dire que les développeurs ont fourni un excellent travail. C’est même pour moi l’aspect sur lequel PTI se démarque réellement de la concurrence. En effet, la relation entre Amicia et Hugo est très bien écrite et leurs dialogues sont particulièrement touchants, grâce, notamment, à l’innocence d’Hugo. Difficile de ne pas accrocher à ce duo et surtout à ce petit garçon qui s’émerveille devant la moindre fleur. Le réalisme de leur relation passe par plein de petites phrases de dialogues et de gestes, pourtant logiques, mais qu’on n’entend jamais dans le jeu vidéo. Des petites attentions d’une sœur envers son petit frère et inversement, qui nous rappellent à tout moment leur humanité au milieu de la noirceur ambiante et de la folie des grands de ce monde.

Avec tout ce que je viens d’énoncer, vous pourrez aisément conclure que A Plague Tale : Innocence est un bon jeu. Oui, il l’est à n’en pas douter, grâce à son ambiance, à son enrobage visuel et sonore et à la relation entre Amicia et Hugo. En revanche, il ne pourra jamais prétendre à l’excellence selon moi, à cause des différents points que je vais développer dans les prochains paragraphes.

Avec un gameplay typique du XIVè siècle

En effet, malgré les nombreuses qualités du titre, des défauts viennent entacher sa qualité générale. Commençons par le plus fragrant : le gameplay. Evitons déjà tout malentendu, le gameplay fonctionne bien. Il n’est pas frustrant et ne vient pas entraver l’avancée du joueur. Certaines phases, de poursuite notamment, sont même très efficaces et prenantes. En revanche, il est très peu inspiré. On dirait que les développeurs ont été à contre-courant de leurs idées concernant l’ambiance et l’immersion, tant le gameplay fait très faux et très « jeu vidéo ». Moi qui attache justement bien plus d’importance à l’immersion qu’au gameplay, je ne pensais pas que ça me gênerait, mais finalement c’est le cas. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces phases d’infiltration me sortent du jeu, tant les gardes sont stupides, les mécaniques basiques et répétitives et les décors bien trop adaptés à de l’infiltration pour être réalistes. Et ce qui me gêne, c’est que ça saute tellement aux yeux que je vois les ficelles du jeu. Je ne suis plus en Gironde au XIVè siècle, je suis dans mon canapé en train de regarder une phase de jeu vidéo lambda. Si les premières heures m’ont fait craindre le pire, la suite évolue heureusement un petit peu, rendant ces phases un peu moins mécaniques. Les développeurs ont aussi pensé à ajouter de l’artisanat pour améliorer notamment les armes à notre disposition. Mais cet élément n’est ni nécessaire, ni intéressant. Son seul effet est d’ajouter une autre brique de gameplay rendant l’ensemble encore plus lambda.

L’autre problème lié au gameplay concerne l’enchaînement entre les phases de jeu qui sont réglées comme du papier à musique. Histoire-infiltration-poursuite-histoire infiltration-poursuite, etc. On le voit venir à chaque fois, ce qui annihile toute possibilité de surprise. On sait pertinemment ce qui va arriver, ce qui nous enferme dans une sorte de routine qui va à l’encontre des moments d’émerveillement ressentis grâce à cette ambiance très travaillée. Là aussi, ça évolue par la suite, heureusement.

Enfin, le dernier aspect qui m’a gêné est plus secondaire et est lié aux personnages et à leur vraisemblance. C’est toujours un point qui me fâche dans le cinéma ou le jeu vidéo, quand un gamin ressemble plus à un adulte qu’à l’enfant qu’il est censé être. Ici, il y a de vrais efforts de faits pour ne pas tomber dans ce travers, je dois bien l’avouer. Mais finalement, on finit quand même avec un gosse alchimiste de 12 ans et une tueuse professionnelle au sang froid, passé les traumatismes des premiers meurtres du jeu. Dommage, ça partait pourtant bien.

Ces aspects négatifs ont malheureusement un impact sur la qualité du jeu et sur l’immersion, chose que je n’avais pas imaginé au départ. Comme je l’ai dit au début de cette partie, le gameplay n’est pas raté, il est juste bien trop banal et répétitif pour être intéressant. Le jeu n’en est pas gâché, loin de là, mais en ce qui me concerne, c’est ce qui a fait la différence entre une expérience marquante et une expérience bonne mais oubliable.

Conclusion

A Plague Tale Innocence est un jeu bâtard tiraillé entre un travail remarquable sur l’atmosphère et l’immersion, et un gameplay générique au possible tirant la qualité générale vers le bas, car il affecte l’expérience de jeu dans son ensemble. PTI n’en reste pas moins un bon jeu que j’ai réellement apprécié mais qui ne m’a pas passionné, contrairement à ce que j’aurais pensé.