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1 Litre of Tears - Série (2005)

Série de Shosuke Murakami et Takao Kinoshita Drame 1 saison (terminée) Fuji TV 50 min 11 octobre 2005

Aya Ikeuchi est une adolescente de 15 ans, douée en sports et qui excelle à l'école. Elle vit dans une famille nombreuse composée de 3 autres enfants, deux jeunes sœurs et un frère, et pratique le basket-ball. Un matin, alors qu'elle devait se dépêcher pour ne pas manquer son examen de fin d'année, elle court et trébuche, faisant tomber une rangée de vélo sous le regard étonné d'un jeune garçon du nom de Haruto Asou. Un évènement comme celui-ci se reproduit; Aya trébuche une fois de plus mais n'utilise pas ses mains pour amortir sa chute, ce qui inquiète sa mère. Par ailleurs, elle laisse souvent tomber les objets qu'elle a entre les mains. Sa mère décide donc de l'amener à l'hôpital afin de vérifier si tout est normal. C'est à partir de ce moment que les parents d'Aya apprennent que leur fille est touchée par la maladie incurable qu'est l'hérédodégénérescence spinocérébelleuse ou "atrophie spinocérébelleuse". C'est ainsi qu'au fil des épisodes, la maladie d'Aya continue de sévir et où elle perd de plus en plus sa capacité à marcher et à parler.

Film 1 Litre of Tears - Série (2005)
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Je n'ai jamais regardé de séries japonaises de toute ma vie. Je suis par hasard tombé sur ce drama en naviguant sur la page d'accueil d'une autre senscritiquienne (?) que j'ai découverte également au hasard du nom de Meganechan. Le hasard fait parfois bien les choses puisqu' ayant lu le synopsis, je décidai de regarder les 11 épisodes qui nous sont proposés. C'est d'une beauté rare, une œuvre très dure psychologiquement mais tellement riche spirituellement. Une merveille. Merci, Meganechan.

Je résume rapidement : une fille de 15 ans, Aya, est l'ainée d'une famille de 4 enfants et élève modèle de son académie (ne connaissant pas tellement le système éducatif japonais, je ne me risque pas à placer le mot lycée). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu'à ce que des chutes à l'apparence bénignes l'obligent à consulter, et à découvrir qu'elle est atteinte d'une maladie incurable (même aujourd'hui) qui progressivement l'empêchera de marcher, de parler ou même d'écrire. Pour ceux que ça intéresse, il s'agit de l'ataxie spinocérebelleuse (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ataxie_spinocérébelleuse)

Le ton nous est annoncé dès le départ : ce sera une vraie tragédie. Le pire dans tout ça, c'est que l'on continue à suivre cette enfant de près dans l'évolution de sa maladie, pouvant même s'y assimiler très facilement, espérant à chaque nouvel épisode une guérison divine qui n'arrivera pas. Je me suis personnellement demandé si je n'étais pas sadomasochiste, à force de m'infliger et d'infliger à Aya (à travers mon visionnage) pareil supplice. En réalité, la tristesse du drama est contrastée par un optimisme quasi omniprésent, que la véritable Aya (le drama étant la retranscription visuelle du vécu d'une vraie personne) synthétise parfaitement à travers quelques phrases de son livre, que je retranscris ici :

" Etre malade n'est pas une malchance. C'est un inconvénient" (dans la série, c'est sa "senpaï" qui le dit; ça m'as tué)

"...Je suis vivante" (ça parait idiot mais je vous jure que ça aussi, ça fait mal de l'entendre, et ça continue de résonner)

"Je ne veux plus dire des choses comme "Je veux revenir en arrière"...Je sais comment je suis à présent et je continuerai à vivre" (c'est dire, voyez la force de caractère de la personne en une phrase)

Je ne parlerai pas des personnages, je préfère que vous les découvriez avec autant de plaisir que j'ai eu à les découvrir. Parce-que bien entendu, le drame est aussi vécu par ses proches, et à ce titre, la série nous montre aussi le véritable combat que mènent famille, amis et toubibs contre le fardeau de cette fatalité. D'ailleurs, c'est aussi une véritable ode à la médecine que cette série, à croire que j'aurai presque envie de quitter mes études pour devenir médecin. Il y a tellement à dire que je pourrai rester des heures à vous trouver des arguments pour regarder cette série, mais bon ça risque d'être lassant donc je m’arrêterai à la prochaine partie: la production. Avant cela, je tiens à signaler que je ne conseillerai pas la série aux personnes trop émotives, je pense sincèrement qu'une telle œuvre peut être un facteur aggravant de risques de dépression, ou pire encore. Elle ne porte pas son titre pour rien, soyez en conscients.

Niveau production, ce n'est pas parfait, mais presque. Aucun jeu d'acteur, je dis bien aucun n'est mauvais. Seul défaut à ce niveau, l'acteur jouant le père, qui a une légère tendance à surjouer. Mention spéciale à l'actrice de Aya, de sa mère et de Satou : ils atteignent un sommet de leur art. Au niveau des plans, là par contre, il y a de quoi chipoter (sur un seul truc en fait, mais très récurrent) : bordel, pourquoi toutes les scènes les plus intenses font état d'un temps pluvieux ou neigeux? C'est cliché et franchement soûlant... Mais bon, dans l'ensemble, tout est filmé plus que correctement. Scénaristiquement, je n'ai aucun choix à critiquer, tout est parfaitement cohérent dans cette idée de contraste d'optimisme du message et de tristesse du vécu. Quelques ellipses temporelles parfois assez surprenantes, mais cohérentes. Musicalement, j'ai été transporté : les OST sont très poétiques, les chansons magnifiques, bref, que du bonheur (à prendre avec des pincettes, ça reste mélancolique dans le fond).

Je ne pensais pas mettre 10 à cette série au départ, mais avec le recul, je me dis qu'elle le mérite : le message de l’œuvre est passé comme une lettre à la poste, et j'ai passé des moments vraiment intenses à la regarder, tant psychologiquement qu'intellectuellement voire philosophiquement parlant, c'est pour dire !

Ps: J'étais de ceux qui pensaient qu'un homme, ça ne pleurait pas, du moins pas devant un film, une série ou un animé. Je n'ai pas versé un litre de larmes, c'est vrai, mais quelques perles salées ont tout de même coulées.