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Rome - Série (2005)

Série de Bruno Heller Action, aventure, drame 2 saisons (terminée) HBO 1 h 11 août 2005

Alors que Jules César se prépare à rentrer à Rome, le pouvoir en place s'inquiète de la remise en cause de leurs privilèges. La tension s'accroît.

Film Rome - Série (2005)
SERVEUR 1

Deux petites saisons en lieu et place d'une série initialement prévue pour être plus longue: c'est le (seul) constat amer que l'on peut faire une fois le dernier épisode visionné. Quel dommage ! Car "Rome", ce n'est pas qu'un générique phallique et une musique qui reste en tête. "Rome" c'est aussi et avant tout une épopée incroyable, assemblée avec beaucoup de talent, de gros moyens, et une distribution de haute volée.

THIS IS SPART...THIRTEEEEEEEEENTH ! Lucius Vorenus (Kevin McKidd, l'inoubliable Tommy de "Trainspotting") et Titus Pullo (Ray Stevenson, l'inoubliable Volstagg du très oubliable "Thor"...hm, l'inoubliable Sirko de "Dexter" !), qui ont réellement existé (cités dans le "Bellum Gallicum" de Jules César), sont les deux personnages centraux de l'histoire. Le spectateur les accompagnera durant nombre de leurs années au coeur de la Rome Antique, de la République Romaine jusqu'à l'Empire Romain. Deux légionnaires qui accompliront exploit après exploit, qui connaîtront des joies, des peines, des trahisons, de la corruption. Et nous feront vivre plusieurs "climax".

Rivaux au début de l'aventure, de part leurs différences: Vorenus est Centurion, il est droit et suit une sorte de code moral, il aime sa femme et veut se comporter dignement. Alors que Pullo est plus brutal, et n'hésite pas à assouvir ses pulsions primaires par l'alcool, le sexe ou le sang (quand ce n'est pas les trois en même temps, mais passons !). Ils vont peu à peu se lier d'une sorte d'amitié, mêlée à un respect profond de l'un envers l'autre, que ce soit pour leurs faits d'armes (ils sont tous deux dans la 13ème légion, réputée comme l'un des fleurons des garnisons romaines), mais aussi pour toute une série d'évènements qui vont à jamais les lier.

Le duo d'acteur est impressionnant. Les voix, les postures, le jeu est parfait, et la série est parsemée de moments de bravoure, dans l'action, mais aussi dans l'émotion. Je trouve d'ailleurs fort dommage que l'on n'ait que peu revu ces deux-là par la suite, McKidd se cantonnant à quelques rôles par ci par là, notamment à la voix de l'excellent "Soap" MacTavish dans la série de jeux "Call of Duty: Modern Warfare". Stevenson, quant à lui, aura incarné Frank Castle dans "Punisher: War Zone", qu'il me tarde de voir, quoiqu'on en pense. Rarement je me suis attaché à ce point à des personnages de séries (oui "Six Feet Under", c'est aussi ton cas !) et d'ailleurs, rien que d'en parler, j'ai envie de revoir "Rome". Le reste du casting est impeccable. Nommons au hasard James Purefoy, le flamboyant et arrogant Marc-Antoine, Polly Walker la redoutable manipulatrice Atia, mais aussi une sublime Cléopâtre en la personne de Lyndsey Marshal, ou encore la charmante Indira Varma, l'épouse de Vorenus, Niobé. Mais surtout, le très charismatique Ciaran Hinds, en Caius Julius Cesar, qui irradie l'écran de son talent à chacune de ses apparitions.

PRAISED BE URANUS Sur fond de sexe, d'intrigues politiques et de stratégies militaires en tous genres et à tous les niveaux (à ce titre, les femmes excellent particulièrement au jeu de la manipulation dans la série...ah, on me signale que dans la vraie vie aussi, au temps pour moi !), "Rome" retrace assez justement tout un pan d'histoire, sans que l'on ait le temps de s'ennuyer. J'admets pourtant avoir eu du mal à accrocher au premier épisode. Mais à la fin du deuxième, j'étais déjà devant mon écran, prenant mon plus bel air de chien battu, en train de supplier Miss Gothic de regarder sans tarder l'épisode suivant !

Ce show est toutefois à réserver à une audience mature. En effet, le sang coule à flot, la perversité et l'insalubrité règnent dans cette Rome, plus décadente que jamais. Le sexe est à tous les coins de rue, souvent sous sa forme la plus crue. Au milieu de toutes ces réjouissances, la galerie de personnages dépeinte est très étoffée, et les liens qui les unissent extrêmement complexes (et ténus parfois). Magnus Pompey, Octavian, Marcus Tullius Cicero, Cato (qui n'est pas asiatique cette fois-ci), Servilia, Brutus, etc...tous auront des rôles déterminants dans l'évolution de la République et la naissance de l'Empire romain. Nombreux sont ceux qui auront du sang sur les mains... Après une saison 1 très bien développée, et centrée sur la montée en puissance de César, on regrettera les nombreuses ellipses dans la saison 2, justifiées par l'arrêt quelque peu brutal de la série. Globalement de grande qualité dans l'ensemble, elle permet tout de même d'apporter une véritable conclusion à l'histoire, le pire est donc évité.

HBO nous propose avec cette série de qualité (HBO, qualité, pléonasme ?) une balade pas romantique mais pleine de piques dans la Rome Antique. Une bonne claque encore plus épique si dégustée avec un bon rhum et une bonne clique. La fine équipe.

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* " Si tu veux la paix, prépare la guerre". Même si certains manuscrits tendent à traduire cette locution par "si tu veux un urinoir, trouve-toi un Apollon", je vous laisse le soin d'interpréter ces propos à votre guise...