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The Fugitive - Série (2020)

Série de Nick Santora Drame et thriller 1 saison (en cours) Quibi 8 min 3 août 2020

Mike Russo, un ouvrier, essaie de faire en sorte que sa femme Allison et sa fille Pearl sont en sécurité lorsqu'une bombe explose à Los Angeles. Accusé par un journaliste d'avoir causé l'explosion, il doit découvrir la vérité avant qu'un légendaire détective l'attrape.

Film The Fugitive - Série (2020)
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Prêt(e)s pour un sous-sous-"24" raconté en 14 épisodes de plus ou moins 8 minutes ? 8 minutes, c'est en effet la durée moyenne des épisodes des séries de la plateforme Quibi qui a misé sur l'originalité de ce format pour se faire sa place dans le monde du streaming par abonnement. "Les spectateurs vont adorer, des séries enfin adaptées à leur mode de consommation sur téléphone !", telles ont dû être les motivations de ses concepteurs... Autant dire que le flop a été total malgré des projets de vitrine avec un budget parfois conséquent et quelques grands noms susceptibles de rameuter les foules. Cette nouvelle version de "The Fugitive" plus que librement inspirée de la série de 1963 et du film de 1993 éponymes (on retrouve le concept de chasse à l'homme et basta) en est d'ailleurs le parfait exemple.

Los Angeles est la proie d'un terrible attentat dans le métro. Présent sur les lieux, un ancien repris de justice du nom de Mike Ferro en devient le principal suspect par un concours de circonstances. Pourchassé aux quatre coins de la ville par les hommes de Clay Bryce, le chef du bureau antiterroriste du LAPD, il tente de prouver son innocence...

Un showrunner rompu à l'exercice (Nick Santora), deux des meilleurs éléments de "24" devant et derrière la caméra (Sutherland et Stephen Hopkins) et un casting de têtes connues (Boyd Holbrook, Natalie Martinez, Genesis Rodriguez, etc), on ne peut effectivement pas dire que Quibi ait lésiné sur les moyens et ça se ressent assez vite à l'écran par la petite dimension cinématographique (enfin, au moins de DTV qui n'est pas là pour rigoler) que cherche à avoir ce thriller d'action mené à 100 à l'heure. La filiation avec "24" est bien sûr évidente par la nature de l'intrigue terroriste, de nombreux rebondissements, son rythme effréné et son acteur le plus célèbre qui restera à jamais Jack Bauer dans nos esprits mais il va très vite apparaître que cette première saison de "The Fugitive" n'arrive même pas à un orteil de la plus mauvaise saison de son illustre modèle.

La faute en revient principalement à son catastrophique choix de format pour nous raconter cette histoire. Alors, certes, passé le premier épisode un peu plus calme, celui-ci va permettre de délivrer un shot d'action incontestable à chaque nouvelle fournée de 8 minutes mais... c'est tout ! La mécanique de la série sur une si courte durée ne permet jamais la place à aucun réel développement (la critique de la compétition aberrante entre la police et les médias sur la quête d'infos se réduit à une simple évocation par exemple), les personnages se résument à une unique facette caricaturale jusqu'à en devenir ridicules, les twists sont amenés avec la finesse d'un rhinocéros chargé de C4 et les chemins de traverse scénaristiques pris pour assurer le rythme emmènent la série vers des sommets d'incohérences risibles (le vol d'un métro par le fugitif, fabuleux !) ou carrément droit dans le mur avec les clichés les plus éprouvés de ce type de proposition (les épisodes finaux en sont même à hurler de rire).

Arrêtons-nous juste sur le personnage de Jack B... -pardon- Kiefer Sutherland pour démontrer la médiocrité de l'entreprise. Flic qui ne s'est jamais remis de la mort de sa femme lors du 11 septembre 2001 (il regarde une énorme photo d'elle sur son bureau pour bien le souligner), le bonhomme devient une espèce de chien enragé, pour ne pas dire complètement dingo, dans le but d'arrêter à tout prix celui qu'il croit être le terroriste. Obligé de dire sa mimique de "Copy that, boss !" toutes les cinq minutes pour se donner un semblant de personnalité ou des dialogues très gênants que personne ne prononcerait lors de l'arrestation d'un suspect, Kiefer Sutherland se débat en permanence avec un rôle aux contours absolument idiots, on en vient même à se demander comme ce flic chevronné a pu avoir un statut si important au sein de la police tant il fait absolument n'importe quoi pour justifier sa fixette sur son fugitif (même ses collègues paraissent dépassés devant la stupidité du personnage). À moins d'avoir la nostalgie de revoir l'acteur avec un gilet pare-balles et prononcé des "son of a bitch" à tout bout de champ (bon c'est un peu le cas, il faut bien l'avouer), dur de s'enthousiasmer pour cette nouvelle variation de son éternel personnage particulièrement ratée. Et, entre un héros lambda au possible, une journaliste -forcément- arriviste et des forces de l'ordre au Q.I. de limaces dans leur globalité, il faut bien tout notre attachement à Kiefer Sutherland pour arriver au bout de cette presque parodie des pires éléments du genre.

Un format de série idiot pour un contenu qui l'est tout autant en plus d'être dépassé : pas étonnant que la plateforme Quibi soit un échec, même ses séries phares ne sont pas en mesure de prouver la pertinence de sa proposition. Cette première -et sûrement dernière- saison de "The Fugitive" peut à la rigueur se laisser suivre d'un oeil comme un plaisir coupable pour les fans terriblement en manque de "24" mais, on vous prévient, "The Fugitive" n'en est qu'un vulgaire ersatz nanardesque.